• Une actrice, une chanteuse, un masque et ses machines partent à l’abordage de Moby Dick pour un voyage musical à travers ce Léviathan littéraire.

    A l’origine de ce spectacle, il y a l’envie de faire se rencontrer deux mondes de bois qui nous sont chers : les planches du théâtre et le pont d’un navire, l’acteur et le marin.

    Comment laisser libre court au style fluide et mouvant du narrateur Ishmael, jeune philosophe aux grands yeux, amoureux des choses lointaines, qui s’embarque par mélancolie à bord du Pequod ? Comment le corps d’une femme se glisse dans la silhouette boiteuse du légendaire capitaine Achab et devient le porte voix de son combat intérieur, de son obsession tenace, de son rêve de vengeance qui finit par conduire tout un équipage au naufrage ?

    Dans notre Moby Dick, pas de bateau en carton pâte, ni de tempêtes artificielles. Avant toute chose des mots et de la musique : un oratorio électro. Car chez Melville, c’est là que se loge l’aventure, dans les détours et les replis du récit, dans la collision des styles, dans les sinuosités de la composition. La phrase entraine celui qui s’y laisse prendre sans qu’il sache où il va et il se perd. Elle se cabre et retombe avec une violence voluptueuse. Il s’agit de chercher par l’improvisation l’équivalent scénique de cet art melvillien de la digression.